« Quand j’ai vu mes règles pour la première fois, mon premier réflexe a été de le cacher à ma mère pour ne pas qu’elle me tape. J’ai eu peur », confie Fatouma, une étudiante malienne. Ce témoignage poignant reflète un problème majeur au Mali, où parler des menstruations reste un tabou profond. De nombreuses filles se retrouvent seules face à leurs premières règles, sans conseils ni soutien parental, ce qui constitue un danger significatif pour leur santé.

« Tous les moyens sont bons pour cacher mes règles »
Le manque d’information sur l’hygiène menstruelle a des conséquences directes sur la santé des filles. En l’absence de conseils adéquats, certaines utilisent des morceaux de chiffon, des bouts de pagne sales ou même des papiers pour absorber le sang menstruel. « Tous les moyens sont bons pour cacher mes règles », admettent-elles souvent. Selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture, en Afrique subsaharienne, 1 fille sur 10 ne va pas à l’école pendant son cycle menstruel, ce qui équivaut à une perte de 20 % du temps scolaire par an.
Ces méthodes improvisées et non hygiéniques peuvent entraîner des infections graves. Les médecins alertent sur les risques accrus d’infections urinaires et génitales si ces matériaux ne sont pas régulièrement remplacés. « J’étais surprise car on ne m’en avait pas parlé. J’ai cru que j’allais mourir », témoigne Mlle Sissoko, rejoignant ainsi le cri de détresse de nombreuses jeunes filles.

Les parents jouent un rôle essentiel dans l’éducation à l’hygiène menstruelle. Ils doivent être les premiers éducateurs, sages-femmes et gynécologues de leurs filles. « Depuis que les seins de ma fille ont commencé à pousser, je lui ai parlé des menstrues et de l’hygiène menstruelle », déclare Madame Dembelé Aïcha Togola, enseignante. Cette proactivité parentale est essentielle pour prévenir les pratiques dangereuses et promouvoir une bonne hygiène.
Les statistiques montrent que 60% des filles en Afrique ne reçoivent aucune information préalable sur les menstruations avant d’avoir leurs premières règles.
Une journée mondiale pour briser le silence
Le 28 mai de chaque année, la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle est célébrée pour sensibiliser et éduquer les femmes et les filles sur la gestion de leur hygiène menstruelle. Cette journée vise à briser les tabous et à promouvoir une éducation adéquate pour toutes. En 2023, cette journée a vu la participation de plus de 50 pays, soulignant l’importance croissante de cette cause.
**Chères mères, engageons-nous à vulgariser l’hygiène menstruelle partout dans le monde. En abordant ce sujet ouvertement, nous pouvons garantir à nos filles une meilleure santé et un avenir plus sûr. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que plus aucune fille ne se sente seule ou honteuse face à ses règles.**
Aminata B. Ouedrago


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